8e Biennale de l’image en mouvement

5 novembre - 12 décembre 1999
  archives
            centre pour l'image contemporaine

Vidéos, films, tables rondes, performances et colloques
5-13 novembre 1999

Exposition
5 novembre - 12 décembre 1999
1 compétition internationale / jury
2 hors-compétition
3 installations / films / vidéo / performances
4 cartes blanches
5 colloque / télévison, vidéo, cinéma et art: libre échange?
6 memoriav
7 écoles d’art
8 informations pratiques
9 grille des programmes
10 partenaires: galeries, musées, cinémas

ANTILLE Emmanuelle (CH)
Wouldn't it be nice, Suisse, 1999
(compétition internationale)

Née en 1985 sous l’apellation "Semaine internationale de vidéo", la Biennale de l’Image en Mouvement est une des plus anciennes et importantes manifestations liées à la vidéo tant sur le plan suisse que sur le plan européen. La Biennale hérite à la fois d’un passé de festival et de l’activité d’expositions d’art du Centre pour l’image contemporaine qui l’organise et l’héberge depuis 14 ans. A chaque édition, un thème de réflexion a rassemblé les diverses contributions artistiques et théoriques, permettant l’émergence du débat, et traçant des perspectives entre les oeuvres historiques et les travaux récents. Cette année, notre double héritage a tout naturellement orienté la réflexion autour d’un thème très présent dans l’art contemporain: le cinéma.

Ces dernières années ont vu l’introduction massive d’oeuvres d’art de type cinématographique (projections et installations vidéo requérant l’obscurcissement des espaces) dans les musées et dans les grandes expositions d’art contemporain. Cette pratique courante transforme la perception culturelle des images en favorisant tous les régimes de la mixité; historiquement suscitée par la reconnaissance de quelques artistes vidéo majeurs dans le milieu de l’art (Viola, Hill), elle trouve ses prolongements dans les expériences d’interactivité et de multimédia qui sont déjà devenues une mode. Mais ce mélange des genres est surtout fertile chez un nombre croissant d’artistes qui situent délibérément leur travail sur une limite qu’ils tendent à effacer : celle qui sépare une culture visuelle élitaire issue de la peinture et de l’histoire de l’art d’une culture visuelle populaire issue du cinéma et de la télévision.

Les artistes - plasticiens, cinéastes, performers - qui participent à la 8e Biennale de l’Image en Mouvement traîtent du cinéma et du musée de manière critique, ludique et inventive. L’élaboration de la fiction et de son déroulement dans le temps est une question centrale (Godard, Baldessari, Bismuth, Oldendorf) , de même que la nature différentielle d’une image de cinéma par rapport à une image photographique (Fischli/Weiss, Grandrieux, Moffatt, Warhol). Certains artistes déconstruisent l’espace de perception (Bianchini, Korpys/Loeffler) ou l’espace architectural des films (Gonzalez-Foerster); d’autre encore travaillent sur les modes de production et de diffusion du cinéma (Anna Sanders Films).

Nous avons voulu que la Biennale soit elle aussi un événement multiple, à l’image des pratiques artistiques que nous entendons promouvoir. La manifestation associe donc une exposition d’installations à des projections de films et vidéos dans le cadre de programmes, à des performances, à des conférences et tables rondes. Les artistes et intervenants fonctionnent de manière polyvalente, sans respect pour la sectorisation entre la diffusion (filmique, liée au temps) et l’exposition (installation, liée à l’espace), ou entre l’activité théorique et l’activité artistique.
Un catalogue bilingue (français-anglais) accompagne la 8e Biennale de l’Image en Mouvement, avec une documentation texte/images sur chacun des artistes et intervenants présents.

André Iten, directeur